Le silence et la prière

 

Le silence est-il en lui-même prière ? La réponse est non bien sûr. Oui, vous avez bien lu. Les lignes qui suivent vous éclaireront, nous l’espérons.

En effet, le silence peut être un élément de la prière lorsqu’il est établi pour aider à se recueillir intérieurement, ou alors quand il constitue un moment d’écoute de Dieu dans la prière.

Néanmoins, si on peut parler du silence comme prière, ce n’est que lorsque celui-ci advient intérieurement lors d’un bref moment de contemplation lorsque toutes les facultés de celui qui prie sont comme suspendues par la grâce divine, laissant l’âme vivre comme un cœur-à-cœur amoureux avec Dieu au-delà des mots. Mais cela n’advient que rarement et n’appartient qu’à des âmes déjà bien avancées dans les voix spirituelles. De plus, sauf chez les grands mystiques chrétiens, de tels moments ne durent pas longtemps. Ainsi, ne faudrait-il pas absolutiser le silence.

Il est d’abord un moyen au service de la prière. Cette dernière est un échange, un dialogue amoureux de foi entre le fidèle et son Dieu. Le silence joue, dans cette communication d’amour et de foi, le rôle d’un portier. En d’autres termes, il aide à rentrer en soi-même pour parler à Dieu notre Père.

Mais le silence ne réalise cela qu’extérieurement, c’est-à-dire qu’il permet de fermer sa bouche pour rentrer dans son cœur. Ce n’est donc juste qu’un premier pas car tout le monde sait que ce n’est pas parce qu’on a fermé ses lèvres qu’on cesse de bavarder au-dedans de soi-même. On peut passer de longues heures en silence extérieurement alors qu’au-dedans on est en train de rêvasser, etc. Par conséquent, le silence extérieur peut jeter dans le bavardage intérieur…

C’est pourquoi le silence extérieur ou des lèvres doit laisser place à un combat plus difficile pour prier en profondeur : il s’agit du silence intérieur ou du silence des pensées, des images et des bruits intérieurs. On ne peut prier en silence sans lutter contre cette débauche des pensées et des images débridées. Le silence des lèvres est moins ardu à réaliser que le silence des pensées et des images intérieures.

Voilà pourquoi celui qui est capable de ce second silence est plus avancé spirituellement -en principe- que celui qui ne pratique que le silence des lèvres, et même que celui qui ne sait prier qu’à haute voix. Il signifie en effet que celui qui prie a réussi à imposer un ordre certain en lui, et qu’il jouit d’une plus grande maîtrise de soi.

C’est pour cette raison que les grandes écoles de spiritualités insistent sur la prière silencieuse, sans jamais mépriser la prière vocale, ni y renoncer.

Voici restituée la place du silence dans la prière et ses différentes formes. Il n’est d’or dans une vie de prière qu’aux conditions rappelées…

   Paul-Marie Mba (CB)

Une prière puissante ? Le silence intérieur : comment et en vue de quoi ?

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