LE FOYER CONJUGAL, UN LIEU DE CONNAISSANCE DE SOI ET DE L’AUTRE

Le mariage, communauté profonde de vie et d’amour jusqu’à la mort, est l’union intime sacrée voulue par Dieu entre l’homme et la femme pour s’entre-aider à cheminer ensemble vers le bonheur éternel. Parce qu’il est la rencontre de deux êtres humains différents mais égaux en dignité : « c’est l’os de mes os, la chair de ma chair » (Gn 2, 23), le mariage est un lieu de connaissance de soi et l’autre. Celle-ci est le savoir acquis progressivement sur soi-même au contact de l’autre à travers les expériences de la vie en société, la réflexion sur soi-même (la méditation), les moyens spirituels, voire par le recours aux techniques psychologiques. Pourquoi est-elle importante ? Quelle est sa place dans la vie relationnelle ? Pourquoi s’acquiert-elle au contact de l’autre ? Comment la développer dans le couple et que y gagne-t-on ?

Après rappelé l’importance de ce thème dans la tradition intellectuelle et spirituelle pour en monter l’importance (1), nous voudrions manifester : pourquoi l’autre est un chemin de découverte de soi (2) ; pourquoi le mariage est un chemin de connaissance de soi mutuelle au service du bonheur conjugal (3). Enfin, nous finirons en indiquant quelques chemins pour tendre vers cet horizon (4). 

 

I- LA CONNAISSANCE DE SOI DANS LA TRADITION

La tradition mystique et philosophique antique nous a fait connaître le thème de la connaissance de soi à travers la devise du philosophe Socrate : « Gnothi seauton » (grec) : c’est-à-dire : « Connais-toi, toi-même » que les latins traduiront par « Nosce te ipsum ». Le célèbre penseur grec l’empruntera lui-même au fronton d’un temple de Delphes (Grèce). Son origine est donc à situer du côté de la religion et de la spiritualité.

Ce thème traversera avec succès toute la pensée philosophique occidentale[1] sans épargner la philosophie chrétienne, comme en témoigne cette citation de B. Pascal : « Il faut se connaître soi-même ; quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela sert au moins à régler sa vie : il n’y a rien de plus juste. »

 Dans la tradition chrétienne

La tradition théologique et spirituelle chrétienne reprendra le thème à son compte en le « baptisant » ainsi : « Chrétiens, connais-toi toi-même ! » ; « Chrétiens, deviens toi-même ! ». Pour les Pères de l’Eglise, les théologiens et les spirituels chrétiens, il faut aller au-dedans de soi-même pour y trouver le Dieu vivant. Car, l’homme ayant été fait à l’image de Dieu, la connaissance de soi permet : La connaissance de sa dignité comme image (création) et fils de Dieu dans le Christ par la grâce de l’inhabitation divine (adoption filiale) ; La connaissance du mystère de Dieu car par la connaissance de l’image, on entrevoit l’original divin. Cette voie a été suivie en théologie par un Saint Augustin (cf. De Trinitate)[2] comme en spiritualité par les grandes écoles de spiritualités chrétiennes, telle la voie thérésienne : « la connaissance de nous-mêmes est le pain avec lequel il faut, dans cette voie de l’oraison, prendre tous les autres mets… » ; « quelle ignorance ne serait pas, mes filles, celle d’une personne à qui l’on demanderait qui elle est, et qui ne se connût pas elle-même ou qui ne sût pas qui est son père, quelle est sa mère… Or, la nôtre est incomparablement plus grande dès lors que nous ne cherchons pas à savoir qui nous sommes… » (Thérèse d’Avila)[3]. Pour Jean de Saint Samson : « Se connaître soi-même surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beauté de son être propre que de l’excellente nature des anges, de l’étendue des cieux, des propriétés de la terre et des mers… Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. »

 

Les buts de la connaissance de soi et de l’autre

La connaissance de soi est orientée vers différents buts : philosophique et théologique, mystique et spirituel, moral, psychologique (caractère) et psychanalytique… Avant tout, elle permet la découverte de soi qui donne de s’ajuster à soi-même, aux autres et ultimement à Dieu. Elle sert à découvrir son potentiel intérieur : son caractère, ses faiblesses, ses points forts, ses talents, son monde intérieur. Elle permet de trouver sa voie, de connaître les causes cachées de son agir et de ses choix,  et ainsi de se comprendre pour agir en accord avec soi-même comme pour répondre à son appel…

Par conséquent, la connaissance de soi peut servir à s’améliorer[4] et à améliorer sa vie relationnelle. En apprenant qui on est et qui est l’autre réciproquement dans le couple, chacun peut mieux s’accorder à l’autre et s’accorder à la volonté divine. Cette harmonie est source de bonheur mais aussi de force contre l’adversité de la vie ; elle permet de s’entraider vers « la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (He 12, 14). L’autre est nécessaire à la réussite de l’existence humaine ainsi que l’exprime ce texte :

« Mieux vaut être à deux que tout seul. On tire alors un bon profit de son travail. Et si l’un tombe, l’autre le relève, mais malheur à celui qui est seul et qui vient à tomber sans avoir personne pour l’aider à se relever. De même, si deux personnes dorment ensemble, elles se tiennent chaud, mais comment celui qui est seul se réchauffera-t-il ? Un homme seul est facilement maîtrisé par un adversaire, mais à deux ils pourront tenir tête à celui-ci. Et une corde à triple brin n’est pas vite rompue » (Eccl 4, 9-12)

 

II- L’AUTRE, UN CHEMIN VERS SOI-MEME

Devant la femme, l’homme s’écria : « c’est l’os de mes os, la chair de la chair ! » (Gn 2, 23). Ainsi, le texte biblique montre-t-il que l’autre renvoie toujours à soi, comme un miroir. La sympathie et l’antipathie qui jaillissent souvent de la rencontre de l’autre aident à comprendre cela.

La sympathie et la découverte de soi

La sympathie pour l’autre manifeste ce qu’on apprécie, ce qu’on aime, ce qui fait partie de nous, au moins sous forme de désir. Ce qu’on accueille en l’autre est ce qui a déjà de l’importance à nos yeux. Du coup, l’appréciation de l’autre nous renvoie à nous-mêmes comme un miroir réfléchissant : elle dévoile ce que nous aimons et ce qui a de la valeur pour nous. Ainsi, la sympathie de l’autre ne permet pas toujours de grandir dans l’amour car elle ramène à soi-même. L’autre se révèle ici comme une confirmation de soi, juste « quelque chose » qui me permet de me complaire en moi-même.

L’antipathie et la découverte de soi

A contrario, lorsqu’éprouve de l’antipathie pour l’autre, on est confronté à quelque chose de nouveau, à quelque chose qui ne fait pas partie de notre univers, à tort ou à raison. Dire cela, c’est dire que c’est lorsque l’autre dérange et contrarie qu’on se découvre différent et qu’on peut se découvrir en profondeur. Il me permet de se questionner sur ses valeurs personnes au contact des siennes, mais à condition qu’on prenne le risque de la rencontre et du dialogue vrai avec lui. Et, ce dialogue doit être sous-tendu par la recherche de la vérité, non par le besoin d’avoir raison.

Parce que l’autre est différent de soi par son histoire, par ses idées, par sa manière de sentir, par ses attentes, par ses talents, par ses goûts : l’autre est le grand moyen de prendre conscience de moi-même : nos pensées, nos opinions, nos goûts, notre culture. La différence crée une confrontation qui permet de revoir ses positions, soit pour s’enrichir de nouveaux points de vue ou pour se corriger, soit encore pour approfondir son point de vue ou pour le confirmer.

L’autre est donc un puissant instrument qui nous révèle qui nous sommes. Il est celui qui apporte de la nouveauté à notre vie par ses idées, sa manière de sentir, sa présence, son écoute, sa compréhension et par sa contradiction : il est l’une des clés du progrès intérieur. La différence est donc toujours source d’enrichissement mutuel et de complémentarité, spécialement dans le foyer conjugal. Elle y est en vue de l’unité et de la communion de la communauté conjugale. C’est pourquoi la Bible dit : « Le fer s’aiguise par le fer, l’homme s’affine en face de son prochain » (Pr 27, 17), dans la TOB : « Le fer se polit par le fer et l’homme par le prochain ».

 

III- MARIAGE ET CONNAISSANCE DE SOI

La communauté de vie et d’amour pour la vie constituée par l’homme et la femme dans le mariage est un lieu privilégié de connaissance réciproque pour les époux. Le mariage apparaît de ce point de vue comme un instrument institué par Dieu pour que l’homme découvre son identité, son caractère, son potentiel, ses faiblesses et ses forces au contact de sa femme, laquelle est constituée comme le moyen de cette découverte, comme une aide providentielle à lui offerte par le Créateur pour se dépasser et réaliser son appel à la perfection divine ou sainteté (cf. Appel universel à la sainteté)[5]. C’est en vue de ce projet qu’il est écrit : « Dieu dit : « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul, faisons-lui une aide semblable à lui… » (Gn 2, 18). Le mot aide (Ezer, en  hébreu) utilisé renvoie dans la Bible au secours de Dieu envers sa créature. L’Ecriture sainte souligne les avantages de la vie ensemble : « Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail ». (Eccl 4, 9) ; « Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement » (Eccl 4, 12).

La différence psychologique de l’homme et de la femme

Le mariage est un chemin de découverte de soi et un moyen de sanctification. Parce qu’il met en relation spéciale dans la charité conjugale, tous les instants, deux être différents morphologiquement et psychologiquement appelés à s’enrichir de leurs différences. Rappelons quelques aspects de cette différence psychologique[6].

Ils sont différents dans la façon d’aimer : prédominance du cœur et des sentiments chez la femme et priorité du corps chez l’homme. Cela perturbe et fausse leurs relations ; la femme a besoin d’attentions, de sentiments. Elle ne donne souvent son corps que lorsque son cœur aime et se sent aimé. Elle cherchera à attirer le regard par sa manière d’être et de s’habiller ; elle est portée par les sentiments. Au contraire, l’homme est poussé par les élans de son corps ; il peut donner son corps sans que son cœur soit impliqué. Parce que son corps prend vite le dessus sur son cœur, l’homme est vite débordé par les attraits sexuels sans engagement de son cœur.

Ils sont différents dans la façon de juger et de raisonner : la femme est influencée par son cœur dans son jugement et sensible aux problèmes des personnes contrairement à l’homme qui aiment les débats, les raisonnements et qui passe son temps à cacher ses sentiments. La femme n’a pas trop peur et honte de ses sentiments mais leur intensité fait qu’ils prennent facilement le dessus sur sa raison. Le jugement féminin est plus intuitif qu’argumentatif alors que l’homme semble plus porté sur les principes, les arguments, le besoin de comprendre et d’expliquer… Enfin, la femme a besoin de protection au contraire de l’homme…

Ils sont différents dans leurs réactions : La femme réagit plus vite et souvent plus intuitivement devant les problèmes alors que l’homme a besoin de temps pour agir. Car il a besoin de peser le pour et le contre, autant qu’il a besoin de temps pour accepter les choses et les faire… Néanmoins, s’il réagit plus vite sexuellement, il se ressaisit aussi rapidement vite par ses travaux et ses amis… Les émotions sont profondes et durable chez la femme et elle possède un sens du détail et des souvenirs qui étonne l’homme. Mais la femme s’attache lentement, progressivement mais profondément aux autres.

Ils sont différents dans la manière de dialoguer : la femme aime les compliments, le beau, la parole douce… Elle aime beaucoup parler avec la personne qu’elle aime mais l’homme est plus muet au foyer, besoin d’être dans sa bulle. Il préfère les actes aux paroles, sauf s’il doit faire la cour à une femme ou discuter avec ses amis.

Ils possèdent des centres d’intérêts différents : la femme est portée vers l’autre, la relation, l’aide, les enfants, l’amour… Elle s’intéresse d’abord aux personnes ; elle a le sens des nuances et des détails ; elle prend tout à cœur et parfois se réfugie auprès de ses enfants si son amour d’épouse est frustré… Mais l’homme est porté par le travail, l’argent, la vie extérieure, la liberté. Il est agacé par les détails et va au général… Il s’intéresse plus aux choses qu’aux personnes.

Ce sont ces différences qui attirent l’homme vers la femme et réciproquement ; mais ce sont elles aussi qui sont la pierre d’achoppement de leur relation. Cette connaissance mutuelle dans la relation conjugale évolue. Elle n’est pas statique. Elle ne peut être la même au début et après le mariage. Le temps met chacun à nu. Avant le mariage, on reste d’une certaine manière en « campagne électorale ». Après le mariage, le contact immédiat avec l’autre va achever de le dévoiler sans jamais l’épuiser en tant que mystère.  A son tour, la venue des enfants découvrira aux époux de nouvelles facettes de leurs personnalités.

L’homme étant en perpétuel mutation et obligé de s’adapter aux événements de la vie, la connaissance mutuelle n’est jamais épuisée. Chaque défi permettra de découvrir l’autre sous un autre jour, tant les réactions de l’être humain peuvent être imprévisibles. L’autre autant que soi demeurera toujours un « monde » à découvrir…

 

Les moyens de la connaissance de soi et de l’autre

La connaissance de soi et de l’autre fait appel à bien des qualités et des attitudes. Elle appelle avant tout un certain recul par rapport à soi et à l’autre ; elle exige la reconnaissance de ses limites et celles de l’autre, la volonté de comprendre plus que d’avoir raison ou de triompher de l’autre, le courage de la vérité, l’examen de conscience, la prière silencieuse et contemplative, le confessionnal, l’accompagnement spirituel, la vie avec les autres, le partage et l’écoute de l’autre , le dialogue avec les enfants qui sont aussi les éducateurs de leurs parents. L’écoute de Dieu y a sa place à travers la fréquentation de la parole de Dieu qui est comme un miroir aux dires de saint Jacques :

« Mettez la parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! Qui écoute la parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s’observe, part, et oublie comment il était. Celui au contraire  qui se penche sur la loi parfaite de liberté et s’y teint attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant » (Jc 1, 22-25 ; cf. Mt 7, 24).

Comme on peut le remarquer la connaissance de soi et de l’autre ne peut se faire dans un couple sans une volonté commune permanente de communication et de dialogue dans le respect mutuel. C’est l’une des grandes clés de l’entente des foyers heureux.

 

IV- POUR GRANDIR ENSEMBLE

Se quitter, s’attacher et devenir une seule chair pour toujours (Gn 2, 24): voilà le grand voyage du mariage à renouveler en permanence puisque la vie tend à tout défaire sur son passage. C’est ce qu’écrivait Michel Quoist avec brio :

« L’amour n’est pas tout fait. Il se fait. Il n’est pas robe ou costume prêt-à-porter, mais pièce d’étoffe à tailler, à monter et à coudre. Il n’est pas appartement, livré clef en main, mais maison à concevoir, bâtir, entretenir, et souvent à réparer… Il n’est pas un « oui » triomphant, énorme point final qu’on écrit en musique, au milieu des sourires et des bravos, mais il est multitude de « oui » qui pointillent la vie, parmi une multitude de « non » qu’on efface en marchant.

Ainsi, être fidèle, vois-tu, ce n’est pas : ne pas s’égarer, ne pas se battre, ne pas marcher. C’est toujours se relever et toujours marcher. C’est vouloir poursuivre jusqu’au bout, le projet ensemble préparé et librement décidé. C’est faire confiance à l’autre au-delà des ombres de la nuit ; C’est se souvenir mutuellement au-delà des chutes et des nuits. C’est se souvenir mutuellement au-delà des chutes et des blessures. C’est avoir la foi en l’Amour tout-puissant, au-delà de l’amour »[7].

Comment se rencontrer réciproquement dans sa souffrance ou ses échecs sans se barricader pour arriver à se connaitre mutuellement afin d’avancer ensemble vers le Seigneur comme couple ? Il faut avant tout être prêt à se rencontrer soi-même, être prêt à accueillir sa pauvreté devant l’autre. Ensuite, les mots d’ordre sont la communication et le dialogue : parler, parler et encore parler en vérité mais en toute charité. Un dialogue fait d’écoute mutuelle, de respect mutuel, de compréhension et d’accueil de l’autre, d’échange et de pardon renouvelé conduira à la connaissance mutuelle, puis à l‘harmonie et au bonheur d’être ensemble. Les mariés sont heureux ensemble, ou ils ne le sont pas.

Les conflits conjugaux proviennent souvent de la méconnaissance de l’autre, de ses blessures, de son histoire, de ses souffrances cachées… La communication et le dialogue permettront de partager ce que l’on vit, d’expliquer pourquoi on réagit de telle façon, de dire ses attentes, d’évacuer ses frustrations… Ils permettront une rencontre authentique de l’autre. Traçons les règles de base de celle-ci.

Règles de communication dans le couple

Voici quelques habitudes à prendre qui aideront à communiquer. Les mettre en route progressivement permettra un dialogue respectueux mutuel au service de la charité conjugale :

  • Savoir dire, au bon moment, à son conjoint ce qu’on ressent ou ce qu’on veut ; il ne peut tout deviner.
  • Ne pas accumuler de frustrations, sinon bombe à retardement ; mais dire les choses au fur et à mesure en choisissant le bon moment : «Commencer une querelle, c’est ouvrir une digue; avant que la dispute s’anime, retire-toi » (Pr 17, 14).
  • Toujours rester ouvert dans l’échange avec son conjoint, en cherchant à comprendre avant de chercher à être compris.
  • Pratiquer le devoir de s’asseoir : une fois par mois se donner du temps pour faire le point sur ce qui va et ce qui ne va pas, et porter le tout au Seigneur dans la prière.
  • Ecouter et ne répondre à l’autre qu’après avoir vérifié qu’on l’a bien compris et pour éviter d’interpréter sa pensée.
  • Toujours être positif dans votre communication à l’autre ; jamais de reproche sans beaucoup de compliments…
  • Dites toujours la vérité à l’autre après lui avoir dit plusieurs fois des paroles et d’amour et le lui avoir manifesté.
  • Soyez toujours aimable dans vos réponses et évitez des explications avec votre conjoint lorsque vous êtes en colère.
  • Ayez le courage de reconnaître vos torts et de demander pardon.
  • Ne harcelez pas votre conjoint. Ne le punissez pas au lit…
  • Ne faites pas des remarques à votre conjoint en public ou devant les enfants.
  • Demandez à votre conjoint où, quand et comment il veut que vous parliez des sujets qui fâchent.

Ces règles de bon sens possèdent un fondement  biblique ferme :

« Faites disparaître du milieu de vous toute mauvaise humeur, toute aigreur, toute rancune et tout esprit de revendication. Bannissez de votre vie les explosions de colère, les injures, les criailleries et les remarques blessantes. Apprenez au contraire à être aimables et compréhensifs les uns envers les autres, aidez-vous entre vous, soyez prêts à chaque instant à vous pardonner aussi généreusement que Dieu vous a pardonné en Christ » (Eph 4, 31-32).

Quelques vitamines pour la vie ensemble

« Un homme seul est facilement maîtrisé par un adversaire, mais à deux ils pourront tenir tête à celui-ci. Et une corde à triple brin n’est pas vite rompue » (Eccl 4, 12). La vie avec l’autre doit être une « vitamine » : quelque chose qui permet en petite quantité la croissance, le maintien, l’équilibre et la fécondité de cette réalité vivante complexe qu’est le foyer conjugal.

  • Se donner un temps régulier en couple, gratuitement pour vivre un moment de qualité : rire, détente, partage, prière…
  • Trouver ce que l’autre aime particulièrement et repérer ce qu’il n’aime pas…
  • Faire toujours en sorte que la maison conjugale soit accueillante, agréable, attirante (repas, climat, détente, propreté, etc.) et paisible pour son conjoint.
  • Toujours essayer de repérer les attentes de l’autre et les anticiper.
  • Toujours parler le langage privilégié de l’autre : paroles valorisantes, cadeaux, services rendus, moments de qualité, présence, toucher physique…
  • Penser l’avenir ensemble et travailler à des projets communs.
  • Savoir encourager son conjoint, ce n’est pas un rival ou un ennemi.
  • Considérez-vous comme une équipe qui perd ou gagne ensemble.
  • Priez ensemble le Seigneur (cf. Tob 8, 8 ; Mt 18, 20).

 

CONCLUSION

La rencontre authentique de l’autre est voulue comme un moyen de découverte et d’enrichissement, spécialement lorsqu’il dérange. Cette découvre mutuelle dans le mariage est à bâtir sans cesse par une communication charitable dans un dialogue permanent où l’autre est perçu comme l’aide que Dieu donne aux conjoints pour marcher vers lui, se soutenir ensemble dans le pèlerinage terrestre en se donnant du bonheur : « Qui trouve une épouse trouve le bonheur : c’est une faveur que l’Eternel lui a accordée » (Pr 18, 22). Sommes-nous conscients de cela ? Quels moyens avons-nous pris pour cela ? Nous connaissons-nous vraiment ? A chacun de répondre à ces questions devant Dieu !

« Mon fils, que ces conseils ne s’éloignent pas de tes yeux! Garde le discernement et la réflexion! Ils seront la vie de ton âme et l’ornement de ton cou. Alors tu marcheras en sécurité sur ton chemin et ton pied ne heurtera pas d’obstacle. Si tu te couches, tu n’auras rien à redouter et, quand tu seras couché, ton sommeil sera doux » (Pr 3, 21-24).

 

[1] Nietzsche sera le contestataire de cette pensée : au lieu du « chacun est à soi-même le plus proche », il dira que « chacun est à soi-même le plus lointain ».

[2] Par ex., S. Augustin dit : « Au lieu d’aller dehors, rentre en toi-même : c’est au cœur de l’homme qu’habite la vérité ».

[3] Apud, P M. Eugène de l’E.J., Je veux voir Dieu, éditions du Carmel, Venasque, France, p. 39 ; voir pp. 39-52.

[4] Montaigne : « Le pire état de l’homme, c’est quand il perd la connaissance et le gouvernement de soi » ; William Shakespeare : «  De toutes les connaissances possibles, la plus sage et la plus utile c’est la connaissance de soi ».

[5] Tous les fidèles sont appelés à la sainteté ; celle-ci se réalise dans la diversité des états de vie et des appels. V° Vatican II, Lumen gentium, nn. 40-41.

[6] Nous faisons un large emprunt à André Fils Mbem, Le mariage chrétien, New Press-PHYL, Douala (Cameroun), 2011, pp. 17-21. On verra également l’article : Connaissance de soi, online https://fr.wikipedia.org/wiki.

[7] Apud  André Fils Mbem, Le mariage chrétien, New Press-PHYL, Douala (Cameroun), 2011, p. 51

 

Paul-Marie Mba (CB)

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