justice

Il faut donner des moyens à la justice

« Si la loi est injuste, il faut donner la force à la justice pour la réformer. Les pouvoirs politiques qui règnent tyranniquement sur les peuples ne peuvent être ramenés à la justice qu’à condition que celle-ci ait les moyens de les contraindre.

Espérer autre chose, c’est attendre que les systèmes d’oppressions des peuples s’essoufflent et meurent d’eux-mêmes. Mais une telle attente peut prendre des siècles, ou tout au moins des décennies. Un regard sur l’histoire des peuples suffit pour en prendre conscience. Qui veut faire triompher la justice contre les lois impies sans en prendre les moyens rêve…

Donner la force à la justice est la difficile et redoutable équation que de nombreux peuples d’Afrique ont à résoudre. Toutefois, les réponses qu’ils lui trouvent oscillent entre l’attente d’un homme providentiel, les batailles électorales jouées d’avance en faveur de ceux qui ont avec eux la force des armes et des lois pour perpétuer leurs mandats, la fuite dans une spiritualité magique, la désertion des bureaux de vote, ou encore dans les coups d’Etat, les rebellions armées et les insurrections populaires.

Dans tous les cas, quand la loi s’oppose à la justice et consacre l’injustice, il faut un certain rapport de forces pour rétablir l’ordre. De quelle nature sera-t-il ? Telle est la grande question que beaucoup voudraient éviter.

Une chose est certaine, c’est que la bonne réponse est loin d’avoir été trouvée là où les lois piétinent continuellement la souveraineté des peuples, comme cela est le cas dans de nombreux pays d’Afrique. Mais la réponse à la question posée ne serait-elle pas du côté de l’usage de la force employée par celui qui use des lois pour opprimer ? C’est la nature et la gravité de la violence exercée sur un peuple qui lui indiquent les moyens à prendre pour s’en affranchir. C’est l’oppresseur qui dicte la réponse à lui opposer pour survivre à ses armes et à ses lois iniques. Le bon sens commande de ne pas utiliser un piège à souris pour prendre un éléphant…

Pourtant, face à la difficulté, il nous faut parfois savoir que la meilleure façon de gagner peut être de souffrir de perdre jusqu’à ce qu’on ait les moyens de sa victoire. Cette attitude n’est ni démission, ni fatalité, ni soumission. Elle est une réaction de survie indispensable dans certaines circonstances, mais à condition qu’elle soit réfléchie et portée par le dessein secret de se libérer dès que l’occasion sera favorable. L’occasion favorable se présentera si on sait l’attendre et si on s’y prépare réellement. Le courage doit servir la victoire, non une mort stupide et stérile. Il doit servir à préparer stratégiquement cette victoire afin de la saisir dès qu’elle est à portée d’actions… »

Paul-Marie Mba (CB)

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