Méditation : Allumons des feux face à la nuit

rien ne sert de se plaindre de ce qu’il fait nuit, il vaut mieux allumer un feu !

« Il ne sert à rien de se plaindre de ce qu’il fait nuit, il vaut mieux allumer un feu », disait le sage. Jamais ce conseil n’a autant été d’actualité. Car de nos jours, il fait sombre, même en plein jour ! Ne souriez pas ! Cela est vrai, hélas ! Mais pas au plan physique.

En effet, la nuit est symbole du mal. La nuit s’oppose au jour ; elle renvoie à la mort à travers le sommeil qui l’évoque de façon mystérieuse. Chaque nuit, notre conscience est comme suspendue ; chaque nuit, nous semblons cesser d’exister de nombreuses heures pour nous relever du sombre pays du sommeil avec de vagues images. Le temps du sommeil, le temps, notre temps à nous, suspend en quelque sorte son vol par une sorte d’extinction de notre esprit si volatile. D’un profond sommeil, on sort souvent avec l’impression que le temps n’est point passé. Mais du sommeil de l’âme, on sort toujours avec la certitude d’avoir perdu trop de temps, mais avant tout avec la certitude d’un réel réveil. Point d’évolution constructive sans éveil des consciences, sans éclair dans la nuit des âmes.

Une métaphysique de la nuit

Il y a une métaphysique de la nuit comme il y a une métaphysique du jour. Nous le savons d’intuition, à moins d’y avoir réfléchi. De tous temps, la nuit a été chargée de tous les mystères à travers la diversité des croyances de notre monde que le rationalisme n’a pu vaincre. D’ailleurs, il ne pourra les vaincre car les croyances font partie de l’humanité autant que le rationalisme ; et il semble bien qu’elles soient plus âgées que lui.

La nuit s’oppose symboliquement au bien par certaines de ses activités et par la signification que lui a donnée l’humanité; elle réfère au mal par le foisonnement de toutes sortes d’activités mauvaises qu’elle suscite et protège du regard de tous et des lois. La nuit entretient des liens cachés avec le monde du mal : elle semble exposer les hommes à toutes sortes de peurs, de convoitises et de souffrances. Elle paraît livrer au monde du mal les hommes plongés dans un profond sommeil. La douleur semble plus virulente la nuit. Les accidents y sont plus fréquents. Bien des « métiers » s’exerçant la nuit flirtent avec le mal. Des réunions et des décisions pour dérober et détruire se font nuitamment. L’homme qui fait le mal préfère la nuit au jour…

Dans la plupart des croyances, la nuit apparaît comme le monde où les esprits les plus corrompus assiègent le monde des hommes par toutes sortes d’actions néfastes cachées. Fantômes, peurs, cauchemars, irrationnalités cohabitent souvent avec la nuit. Dans les spiritualités et l’ésotérisme, la nuit est poreuse à l’action des puissances maléfiques et un moment privilégié aux travaux occultes…

Un moment de grand enténèbrement

Plus que jamais, il fait nuit car le mal est triomphant, arrogant et sans pudeur. Il se rit de tous avec la force des lois et il utilise la force des armes pour soumettre les rebelles. Avec ces deux bras, les armes et les lois, le mal contraint les peuples à plier l’échine, et par ses filets de mensonges, il exile la vérité des modes de vie et de pensées. Le « prêt-à-penser » des « filets de mensonges globaux » coud à tous un vêtement de mensonges, au plus grand dam de ceux dont la conscience échappe encore à ses mailles.

Ainsi, nous enseigne-t-on qu’à neuf mois, on peut ôter la vie d’un enfant dans le sein de sa mère sans risque pour la société. Ainsi, fait-on croire qu’aller avec quelqu’un de son sexe est chose normale ; ainsi, fait-on croire qu’on peut coucher avec un enfant si celui-ci est consentant ; ainsi, proclame-t-on les droits des animaux tout en condamnant à la misère, à la guerre et à la mort des peuples entiers ! On sauve des animaux mais on jette par-dessus bord des femmes et des enfants que la mer avalera sans pitié !!!

Il faut vraiment qu’il fasse nuit sombre, nuit infernale dans leurs esprits pour ne pas voir qu’on ne peut violer la « grammaire de la vie » sans dommage pour soi-même comme pour les autres. Agir à l’encontre de la nature, c’est s’attaquer à des lois qui nous dépassent. Or, ces lois, qui traversent le monde des corps comme celui des esprits, sont les principes qui assurent l’existence humaine. Elles sont interconnectées. Si on détruit la nature, l’homme en souffrira sur tous les plans ; si on défait la vie morale en promouvant l’immoralité, cela affectera la vie émotionnelle, professionnelle, sociale et physique de l’homme… Réfléchissez-y sereinement, s’il vous plaît.

On ne peut défaire « la grammaire de la vie » sans conséquences négatives tant au plan physique, psychologique, moral, spirituel que surnaturel. Aller dans le sens contraire des lois de la nature et de la vie, c’est aller tout droit dans le mur. Qui crache en l’air reçoit tout à la figure, rappelle un proverbe de chez nous. Le réveil sera donc brutal, à condition qu’on ne meurt pas de cette collision…

Quand on décide de sacrifier les vieillards parce que trop onéreux à la société, on fabrique pour soi-même ses camps de concentration et d’extermination : tout le monde vieillit. Quand on décide de faire des enfants sans père ni mère, et quand on supprime les termes de « papa » et « maman » au profit de parent un et deux, on organise pour soi-même un monde de confusion. Ces enfants seront eux-mêmes les bourreaux de leurs parents demain. Quand on encourage la tricherie, on prépare pour soi-même et pour les siens des situations désastreuses. Quand on oblige un peuple à négocier avec ses bourreaux, on consacre l’injustice. Quand on accueille à sa table et on fait affaire avec la descendance d’Hérodiade qui accueille sur un plateau d’argent la tête chaude de l’innocent : on signe son appartenance au Mal ; on couvre de honte et de souffrance sa descendance pour des siècles. Quand des hommes aussi fous qu’Hitler jouissent de la protection et de l’amitié des plus grands de ce monde : qui douteraient qu’ils soient tous de la même espèce.

Assurément, le monde va mal. Tout le monde s’en plaint d’ailleurs, chez les peuples de la faim comme chez ceux du consumérisme effréné, tous se lamentent devant ce spectacle désolant et déprimant. La majorité des humains a pris conscience de l’avancée de la nuit, mais juste une petite minorité soupçonne à peine sa profondeur. Le reste est trop occupé à se distraire et à travailler comme des esclaves qui ignorent tout de leur statut.

Le monde va mal, entend-on dire partout, souvent en attendant des changements magiques ou par les autres, mais sans rapport avec un engagement personnel. Ce constat est généralisé. Mais il est aussi amer.

Mais avant tout, il en est ainsi parce que la faiblesse et la peur des peuples sont le rempart de la réussite des corrompus et des méchants, le gage le plus sûr de leur domination et de leur pouvoir. Les tyrans règnent avec la complicité de leurs victimes, plus prisonnières de leur lâcheté et de leur incapacité à penser leur libération que de la soldatesque de service. En fait, l’humanité est captive de quelques hommes sans foi ni cœur parce qu’emprisonnée au-dedans d’elle-même par la peur de la mort. Ce drame est si choquant que les hommes préfèrent mourir dans le déshonneur et la misère, que de mourir pour assurer à leur descendance un avenir meilleur et s’assurer la reconnaissance des nouvelles générations. Ils ont si peur de mourir pour le meilleur mais meurent quand même dans le désespoir et l’indigence, condamnant ainsi par leur démission, ceux qu’ils aiment à la même vie de forçat et de honte pour de longues générations. L’héritage de ces gens à leurs descendants est fait de lourdes chaines et de larmes.

Pourtant, la foi authentique en la Résurrection pourrait briser ces chaines invisibles de la captivité des peuples. L’engagement de tous peut changer la marche actuelle du monde vers le chaos. Entende qui des oreilles pour entendre !

Seul le feu fait trembler la nuit

Rien ne sert de se plaindre de la profondeur de la nuit, il vaut mieux allumer un feu. La plainte ne peut chasser la nuit ; elle la remplit plutôt d’effroi et d’amertume. Qui a déjà entendu des pleurs ou des cris dans la nuit, sait que cela rend la nuit plus angoissante, et affole les imaginations les moins fébriles.

Seul le feu combat la nuit. Seul le feu fait trembler la nuit. Seul le feu éclaire la nuit. Seul le feu fait reculer la nuit. Seul le feu refoule l’obscurité de la nuit. Seul le feu soustrait au pouvoir de la nuit. Seul le feu triomphe de la nuit. La nuit ne redoute donc que le feu. La lumière est son effroi. La moindre étincelle est plus utile pour affronter la nuit que les lamentations paresseuses et désabusées de peuples entiers, attendant que la nuit parte d’elle-même.

La nuit du mal ne repart pas d’elle-même. Elle ne se confond pas avec la nuit physique. La première n’est chassée que par les feux de l’engagement du libre-arbitre de l’homme contre les mauvais choix, la méchanceté et les structures sociales corrompus. La seconde est cosmique. Elle obéit servilement aux lois de l’univers matériel. L’une et l’autre ont leurs mécanismes propres, leurs règles de changement. Le monde des esprits obéit aux lois de la volonté et de l’intelligence soutenues par les sentiments nobles. Il ne s’affranchit du mal qu’en le rejetant et en le combattant fermement jusqu’aux plus grands sacrifices, ou alors il est dévoré par le règne du mal. La nuit physique suit imperturbablement son cours jusqu’à ce que la machine cosmique s’enraille. La nuit des esprits n’est vincible que par le travail acharné, par le dépassement de soi, par la lutte tenace et soutenue jusqu’à la victoire avec l’érection d’un monde de valeurs et de justice.

Mais, beaucoup feignent d’ignorer que le mal est fait pour être combattu : l’Archange de justice et de vérité a initié cette lutte dans les lieux célestes jusqu’à la victoire. En ce bas monde, les hommes doivent faire front contre le mal pour en triompher. Le slogan des hommes contre le mal et le chaos doit être : je gagne ou je gagne, mais en toute honnêteté. Pas de place à l’échec, à la démission ou à la neutralité. On n’échappe à l’emprise du mal, qu’en le combattant avec le soutien caché du Créateur suprême. Donc, halte aux pleurs et vive l’engagement responsable et audacieux.

Arrêtez de vous plaindre, allumez un feu

Arrêtez de vous plaindre de ce que tout va mal partout. Arrêtez d’attendre que le changement vienne des autres. Prenez vos responsabilités. Prenez cœur et courage. Engagez-vous avec détermination à changer votre vie : vous seul le pouvez avec l’aide du Ciel. Commencez par travailler sur vous-mêmes en regardant en vous-mêmes ce qui ne va pas dans votre âme. Pas d’éveil sans regarder en soi-même. Dès qu’un homme change sa manière de penser, sa vie change. Ce changement de vision projette sur les pistes désertées qui mènent à la lutte contre la nuit et ses sujets.

Ne vous plaignez pas de ce que vous n’avez pas de travail: créer votre travail. On va à l’école, non seulement pour avoir un diplôme ou une compétence professionnelle, mais d’abord aussi pour apprendre à résoudre des problèmes. Le chômage est un problème : trouvez la solution à votre chômage. N’attendez pas sans rien faire pour espérer trouver un emploi. Créez votre activité, si petite soit-elle ; quelques pièces de monnaies gagnées à la sueur de son front valent mieux que de mendier son pain et de verser ses larmes sans rien faire… On aidera plus facilement celui qui essaie de faire quelque chose que celui qui se répand en lamentations interminables.

 Arrêtez de vous plaindre de votre Eglise. Engagez-vous à la changer de l’intérieur en apportant votre pierre à sa construction. Votre Eglise est en partie ce que vous êtes. Certes, une dent fait sentir toute la bouche, mais cela n’a jamais chassé toutes les autres dents de celle-ci. Alors, défiez la nuit et les maîtres de la nuit. Se défendre et défendre les valeurs justes contre les hypocrites et les manipulateurs, fait partie du mystère de la foi. Soutenez les faibles dans la foi, encouragez les bons et protégez-les de la critique des jaloux qui n’ont rien à proposer, sinon la mauvaise odeur de l’aigreur de leur cœur corrompu se cachant derrière la critique facile pour détruire ceux qui veulent bouger les lignes de leur médiocrité. Ces gens sont prompts à critiquer, oubliant que leurs mauvaises œuvres et leurs bilans parlent contre eux. Champion de la critique stérile : ils le sont alors qu’ils n’ont jamais rien proposé et réussi, à part semer la bêtise et la perte de la foi chez les faibles. S’ils ne veulent se convertir, travaillez avec intelligence à les exfiltrer de la maison de Dieu. Ils font plus de mal au peuple de Dieu que les païens car ils sont le fruit pourri qui corrompt tous les fruits du panier. Ils occupent les premiers rangs dans les églises et les confisquent pour mieux se cacher, et surtout pour mieux neutraliser de l’intérieur les œuvres de Dieu. Leur fin est l’étang de feu éternel s’ils ne se convertissent, car il est écrit : « Malheur à celui par qui le scandale arrive… »

Ne vous plaignez pas de l’impureté étalée partout, battez-vous pour répandre la pureté. Et même si vous tombez, ne perdez point patience ! relevez-vous et reprenez la lutte. La victoire appartient à ceux qui ne baisseront jamais les bras. Dans un monde où le sexe est le jeu et le passe-temps de tous, ramer à contre-courant de ce fleuve d’impureté est déjà une victoire. Le découragement est donc interdit. Tenez bon ! le viol des valeurs de la vie porte sa propre punition. Rappelez-le-leur quand on peut vous prêter attention, mais toujours avec humilité, n’étant pas vous-mêmes à l’abri des soubresauts et de l’insolence de la chair. Elle a renversé les baobabs mais elle échoue souvent au pied de l’humilité du roseau. L’humilité et la vérité seront votre force dans cette bataille où sont tombés les héros.

Ne vous plaignez pas des hommes politiques. Engagez-vous à chasser les mauvais de toutes vos forces. Associez-vous à ceux qui luttent pour établir l’Etat de droit. Priez pour cela avec ferveur ; priez pour cela avec d’autres fidèles. Si cela est à votre portée, faites vous-même de la politique. Ne la laissons pas aux mains des bandits et des brigands qui se servent des armes, des lois et de l’ethnie pour voler, détruire et tuer. Pas d’Etat de droit sans lutte acharnée pour l’établissement et le respect des lois justes. Souvenez-vous que la loi n’est pas toujours du côté de la vérité et de la vie, mais souvent au service de petits groupes d’intérêts qui les font et défont au gré de leurs appétits insatiables de pouvoir et d’avoir. L’esclavage, le racisme, l’apartheid, la colonisation, les dictatures et tant de guerres étaient revêtus du cachet de la légalité mais pas du sceau de la justice. Suivez ce qui est juste ; battez-vous pour ce qui est juste. Cela en vaut la peine.

Ne soyez plus naïfs. Que gagne un marchand d’armes à travailler à éteindre une guerre ? Pourtant, ce sont eux les arbitres des conflits armées dans le monde ! Ouvrez vos yeux ! Ne dormez plus, un pays qui vit de l’exploitation des autres ne peut œuvrer à leur développement. Arrêtez donc vos lamentations, mieux vaut se battre à construire quelque chose pour votre libération et votre paix. Le petit feu que vous allumerez aujourd’hui, est plus utile à votre délivrance, que tous les râles de vos cœurs et vos interminables flots de plaintes. La plus petite luciole signifie la présence de la vie pour tous les captifs des ténèbres.

Une vie sans idéal est une vie au ras du sol : c’est une « existence de volaille » dont le but est de picorer en permanence. Ne soyez pas des poules, soyez des semeurs de lumière pour dissiper les ténèbres.

Ne vous plaignez pas de l’établissement des lois contre la vie. Battez-vous pour des lois au service de la vie, depuis ses premières manifestations jusqu’à son extinction naturelle. Ce qu’une loi a normalisé, une autre peut le défaire si on se bat pour cela. Respectez toute vie, à commencer par la vôtre et celles de vos propres, fussent-elles fragiles et marquées par la faiblesse et la sottise. Tout homme peut changer. Tout homme peut aimer, tant qu’il lui reste un brin de vie. Eveillez en toute vie le feu de la vérité et de l’amour. Faites de vous, des hommes et des femmes de feu pour affronter la nuit fort avancée.

Ne vous plaignez pas de la propagation de l’homosexualité : refusez la sodomie, la pornographie et les lieux de plaisances. Eduquez-vos enfants à la pureté et au respect du corps par vos valeurs et vos modes vestimentaires. Si vous vous contentez de plaintes face à ce mal, vous pleurerez inutilement : ils ne vous entendent pas. Il y a si longtemps qu’ils ont décidé que l’amour entre un homme et une femme est égal au sexe entre deux hommes ou entre deux femmes. Créez donc vos écoles ou choisissez les écoles de vos enfants parmi celles qui transmettent encore des valeurs. Battez-vous pour que les écoles de vos enfants que vous payez chers respectent vos valeurs. Eveillez l’esprit de vos enfants au discernement des bons amis et au rejet des mauvaises fréquentations. Ne pleurez pas inutilement : utilisez l’énergie de votre indignation à transmettre des valeurs autour de vous, en commençant par vos enfants…

Ne vous plaignez pas des modes vestimentaires : créez vos modes, choisissez vos tailleurs et vos couturiers. Habillez-vous décemment et ne donnez pas votre argent à des magasins et à des magazines qui vendent l’indécence et transforment vos enfants en objets sexuels. Fuyez leurs spectacles, n’achetez pas leurs films et produits, ne rendez pas virales leurs vidéos pour ensuite vous plaindre du fait qu’ils détruisent la société : vous êtes leurs complices. Les artistes et les commerçants sont dépendants de leurs clients : c’est vous qui les faites prospérer.

Ne vous plaignez pas de ce que vous n’avez pas de moyens, commencez avec ce que vous avez. Faites feu de tout bois. Pour celui qui commence une activité au service du bien, la Providence ménage toujours une provision pour la route ; les forces cosmiques du bien et de la vie « conspireront » à son avantage, à condition qu’il s’entête et persévère car, les lois divines obéissent à la loi de la croissance et de la maturation. La nuit de celui qui se lance dans l’aventure du bien, sera traversée d’étoiles filantes pour l’éclairer discrètement mais, il devra apprendre à voir, en étant attentif aux clins d’œil célestes. La roue de la vie lui offrira des rencontres pour le soutenir dans sa marche. Seuls ceux qui osent commencer peuvent changer la nuit ; seuls ceux qui n’ont pas honte de recommencer après maints échecs sont prêts aux plus grands succès. Et même si celui-ci n’est pas au rendez-vous, leur vie aura le mérite d’avoir été engagée et le Donateur de la vie les en récompensera.

La lutte vaut ici plus que la victoire. Mieux, c’est déjà une victoire d’essayer de changer le cours de la nuit. En effet, rien n’est plus facile que de baisser les bras et de pleurer devant le scandale du mal. Rien n’est plus facile que de sombrer dans le fatalisme. Rien n’est plus facile que de critiquer dans sa chambre le fait que tout va de travers sans jamais prendre le risque de défier le mal. Et, il est plus facile de vivre dans la peur que de se rebeller contre le mal, spécialement lorsque celui-ci est un système conçu pour oppresser et qui tue toute volonté d’opposition. Large et spacieuse est la voie de la lâcheté et de la trahison lorsque l’on piétine la vie d’autrui et hypothèque l’avenir des tiens et de tes enfants. Se refugier dans les plaisirs faciles et s’embrumer l’esprit avec les vapeurs de la bière et du sexe est la voie que suit la majorité des hommes pour éviter d’affronter la montagne érigée contre leur bonheur. C’est cela qui garantit la longévité des dynasties des maîtres du monde.

Devenez une flamme dans la nuit

Il est inutile de se plaindre de ce qu’il fait nuit ; la nuit du mal est le fait des choix des hommes en association mystérieuse avec le Prince des ténèbres. Arrêtez de vous lamenter ! allumez des feux ! aux feux du mal, opposez les contre-feux de l’amour, de la vérité et de la justice ; aux feux de la haine et du mensonge, répondez par le feu du pardon et de la vérité. Opposez à ceux qui sèment le brouillard et nourrissent la nuit, votre lumière. Pas d’autre arme pour combattre la nuit et les ombres qui la peuplent. On n’échappe au cauchemar de la nuit qu’en s’éveillant, qu’en passant à la lumière…

Ne vous fatiguez plus à vous plaindre de l’épaisseur de la nuit, claquez une allumette de bonté et de sagesse. Multipliez les feux ! Allumez partout le feu de Dieu ! Semez à tous vents le feu de la sagesse, de la compassion, de la charité et de la solidarité ! Stoppez vos larmes ! Arrêtez de pleurnicher ! Verser des larmes ne change rien à la nuit, mais le feu seulement ! Luttez donc contre la division : le mal règne en divisant, les tyrans érigent leurs trônes sur la division des peuples en opposant tribus contre tribus, ethnies contre ethnies, langues contre langues, religions contre religions… Ils s’en amusent alors même qu’ils feignent de compatir à leurs peines. Luttez contre l’égoïsme : la victoire est dans la générosité à donner et à se donner pour que les lignes bougent et que les murs tombent. N’ayez crainte, le feu se multiple si on le donne. Dans la nuit la plus profonde traversée par la froideur et des vents contraires, on ne peut s’en sortir qu’en distribuant du feu. Plus il y a aura des flammes, plus la nuit sera éclairée ; plus il y aura de feux, plus il sera facile de rallumer sa flamme si le vent l’éteint. Plus il y aura de flammes, mieux on pourra résister au froid, aux vents et aux ténèbres. Le feu grandit en se donnant. Rien à voir avec la domination de l’argent. Ne pas répandre le feu, s’est le condamner à s’éteindre. Semez du feu sans vous lasser et sans mesurer. Plus il y en aura, mieux ce sera pour vous. Ces semailles sont la meilleure caution de la victoire de la lumière sur la nuit.

Ami, sache que plus la nuit est sombre, plus elle a besoin d’étoiles pour en dissiper l’obscurité et pour la rendre moins oppressante ; un grand nombre d’étoiles dans le ciel exorcise les peurs de la nuit et la rendent plus affrontable, plus vivable. Ne dis pas, je ne suis rien, je n’ai rien : dans la nuit, la plus petite étincelle est signe de vie et de réconfort. Elle annonce la victoire du jour. Sois cette petite lumière. Sème la lumière auprès de toi. Beaucoup la cherche à tâtons : c’est cela qui fait le succès des sectes. Les hommes et les femmes de notre temps y vont parce qu’ils sont assoiffés de réponse, de spiritualité, même si beaucoup y vont aussi pour des motifs moins avouables. Chaque jour allume un feu, chaque jour sème une lumière ; à chaque pas répands le feu : tu laisseras bientôt derrière toi un chemin de lumière. Interdis-toi tout découragement, allume un feu, deux feux sans compter et sans te ménager. Même si tu ne peux éclairer toute la nuit, tu éclaireras au moins un coin de la nuit et offrira la lumière à quelques-uns. Allume un feu, souffle dessus pour qu’il grandisse et n’oublie pas, qu’une buchette d’allumette enflammée jetée au hasard d’un chemin, suffit à mettre le feu à une forêt lorsque tout est sec, comme l’est notre monde plongé dans la grande sécheresse du manque des valeurs, et dans la grande nuit d’un monde dominé par le mal, aux mains des fils des ténèbres.

Toute chevauchée commence par un petit pas

J’ose espérer que tu traceras ton chemin de lumière ; et il me plait de croire que tu passeras le relais de cette lutte gigantesque.

Commence donc mon ami. Tout voyage commence par un pas, si petit soit-il. Lève-toi ! Jette une semence de feu ! Sème la lumière partout. Donne ton feu à tous ! Allume un feu ! Seules les bonnes actions combattent la nuit. Ce que nous faisons, aujourd’hui et chaque jour pour la justice et le bien, travaille à des lendemains meilleurs. Seul le petit feu que tu allumeras aujourd’hui prépare un avenir meilleur. Seul le petit feu de ce jour prépare le brasier de demain qui mettra fin à la domination de la nuit. Demain se prépare avec des actes, non avec des larmes. Il se prépare en allumant des feux nouveaux. La moindre étincelle peut embraser une savane. A défaut d’être déjà un brasier ou une flamme ardente, lutte à être une étincelle et essaie d’allumer des petits feux dans la nuit.

Partager son feu n’a rien d’appauvrissant. Les biens spirituels ne sont pas comme les biens matériels qui diminuent lorsqu’on les partage. Contrairement à ces derniers, ils se multiplient quand ils sont donnés. Plus on sèmera et partagera son feu, plus il y aura de lumière pour repousser la nuit et arracher à son pouvoir ceux qu’elle tient captive. On gagne donc à diffuser le feu. Dans cette marche, faire cavalier seul aide à avancer vite mais ne permet pas d’atteindre le but. Il vaut mieux aller ensemble car si la nuit triomphe de sa flamme, il y aura toujours à ses côtés quelqu’un qui aidera à la rallumer. Ainsi, celui qui est seul ira vite mais, ne remportera pas de grandes batailles contre le règne de la nuit. Ses victoires seront fulgurantes mais ne survivront que rarement à son départ de ce monde. Mais, celui qui œuvre avec d’autres à lutter contre la nuit, est sûr que la lutte se perpétuera après lui. Au combat Vaillants ! Au combat, chères Amazones ! Il y a tant de choses à changer ; il y a tant de choses à bouger à la portée de chacun. Commencez par ce qui est à votre portée, cela vous préparera à de grandes batailles. Les grandes victoires sont le fruit des petites victoires acquises sans éclat.

Ami, pose un pas devant toi chaque jour, et d’ici quelques temps, tu verras qu’allumer des feux dans la nuit vaut mieux que se plaindre de ce que la nuit est trop sombre. De temps en temps, retourne-toi et tu verras le sentier de lumière que tu auras laissé. Cela donne joie et force à tes choix pour que tu avances avec plus de volonté.

Ne perds pas courage, surtout pas ! La bonne graine a besoin de temps contrairement à la mauvaise. Détruire est facile, bâtir requiert des forces, de la concentration et du temps. Aussi, sois à cette tâche par tes pensées, tes sentiments, tes paroles, tes actes et par tes prières. N’abandonne ta prière que pour cette tâche, et ne quitte cette tâche que pour reprendre ton souffle dans la respiration du silence de la prière et de la méditation. Cela est possible car c’est dans les occupations ordinaires de la vie, qu’on doit allumer des feux par la qualité des valeurs qu’on donne à toutes ses actions. Tu dois allier tout cela ensemble car on ne peut vaincre les ténèbres dehors sans les combattre au-dedans de soi patiemment et avec le soutien de Dieu. Enfin, lorsque le feu brûlera en toi, nul doute que tu verras en tout temps et en tout lieu où l’allumer. Mais si tu ne vois pas ce qu’il y a à faire, c’est que tu es encore prisonnier de la nuit. Tu ne peux posséder le feu et être incapable de voir quoi que ce soit, au moins dans ton environnement immédiat.

 Vite, allumons des feux avec zèle, quelle que soit la force des vents contraires. Il nous appartient de semer, mais à Dieu il revient d’assurer la croissance et la fécondité. Tel est le sort de toute semence. Dieu compte sur nous. Le monde est un projet inachevé auquel Dieu associe l’humanité afin de lui donner en partage la joie du mérite car il a créé l’homme sans l’homme, mais veut le parfaire et le sauver avec sa participation consciente, libre et active.

Fraternellement et cordialement, un ami qui veut déranger la léthargie des uns et encourager les luttes de lumière des autres, ton ami qui est convaincu qu’on n’a plus que jamais besoin des hommes et des femmes de feu pour dissiper les ténèbres actuelles,

    Paul-Marie Mba (CB)

Prisonniers de nos peurs Ouvrir les portes de la nouvelle année au Christ

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